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La douleur est un phénomène en soi dans la polyarthrite rhumatoïde, à la fois indice dans le diagnostic, dans l’évolution de la maladie, mais aussi parfois présente au long cours, accompagnant les actes de la vie quotidienne. Elle est différente d’une personne à l’autre et elle ne se mesure pas objectivement. On ne choisit pas la façon dont on ressent la douleur, elle dépend aussi de l’histoire personnelle de chacun.

Les traitements de la douleur peuvent prendre deux voies : la thérapie médicamenteuse et/ou la thérapie non médicamenteuse, qui se complètent l’une l’autre. Le choix du traitement dépend de multiples facteurs : l’investigation de la douleur mais également l’expérience antérieure du patient.
Aujourd’hui, la douleur est mieux prise en compte et il existe différentes façon de la traiter. Cette newsletter fait le point sur l’origine de la douleur dans la PR et sur les différents moyens de la prendre en charge.

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Pourquoi la polyarthrite fait souffrir ?

Plusieurs mécanismes en jeu dans la polyarthrite occasionnent différents types de douleur. On distingue :
- Les douleurs inflammatoires : dues à la synovite, elles sont la marque de la maladie, surtout au début de son évolution. Elles ont pour particularité d’apparaître au repos, notamment en fin de nuit, et de diminuer avec la mobilisation qui fait céder aussi la raideur matinale. Leur intensité est variable mais elles peuvent être assez aiguës et empêcher tout mouvement y compris la simple prise d’un médicament antidouleur.
Réveillant parfois plusieurs fois le malade, elles entraînent de l’insomnie et de la fatigue. Elles s’accompagnent de signes que le malade sait remarquer : le gonflement et parfois la rougeur des articulations superficielles (mains, poignets, genoux, chevilles, pieds). Elles évoluent de façon continue ou par poussées souvent sans cause apparente.

- Les douleurs mécaniques : elles apparaissent au contraire à l’effort et à l’appui sur les articulations portantes (hanches, genoux, pieds) et disparaissent après un certain temps de repos. Elles traduisent une altération du cartilage et des os des articulations concernées par la synovite rhumatoïde, ce qui les apparente aux douleurs des arthroses. Elles s’observent donc après un certain temps d’évolution de la PR et alors que l’inflammation peut avoir disparu. Les articulations douloureuses peuvent être gonflées mais elles sont froides, sans rougeur et on peut entendre des craquements lors des mouvements. Ces douleurs peuvent être localisées sur un côté des genoux du fait d’un trouble statique en varus ou en valgus, ou à l’avant-pied du fait d’un avant-pied plat ou arrondi ou au milieu du pied à cause d’un affaissement de la voûte plantaire.

- Les douleurs d’horaire mixte sont à la fois diurnes et nocturnes, traduisant la persistance d’une inflammation et la constitution de lésions du cartilage et des os au sein d’une même articulation. Elles s’observent aussi dans les lésions des gaines tendineuses qui associent une inflammation de la gaine (tenosynovite) et des lésions des tendons qui rendent douloureux les mouvements concernés par ces tendons.

Extrait de l’article « Pourquoi la polyarthrite rhumatoïde fait souffrir ? » du Pr Paul Le Goff, publié dans le Supplément à la revue Polyarthrite Infos N°63 de juin 2006 consacré à la douleur.

Voir la brochure « Vous avez mal » de l’institut UPSA de la douleur

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Les méthodes médicamenteuses pour traiter la douleur

Les antalgiques
Les médicaments anti-douleur – ou antalgiques – les plus utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde ont pour principe actif le paracétamol, seul ou associé à un opioïde faible (codéine ou dextropropoxyphène), c'est-à-dire un médicament qui agit sur les mêmes centres nerveux que la morphine, mais sans en présenter les dangers.
Ces médicaments sont par excellence ceux dont l’usage doit être laissé au libre arbitre du patient. Leur action thérapeutique se limite en effet à l’atténuation ou à la suppression de la douleur. Ils n’exercent aucune influence sur l’inflammation clinique ni biologique, ni sur les lésions constatables (gonflement, raideur, déformations) que cause la maladie. Leur indication générale et la dose à laquelle on les utilise dépendent donc avant tout du besoin qu’en exprime le patient. En outre leurs effets secondaires sont parfaitement connus, bénins et repérables, et leur action est rapide, moins de 30 minutes après l’ingestion.  Le rôle du médecin est de proposer le médicament qui lui parait le plus opportun au regard du rapport efficacité/risque, et de préciser les doses raisonnables en fixant notamment la dose à ne pas dépasser dans une seule journée, et l’espacement minimal à observer entre deux prises du médicament. Dans le respect de ces limites, le patient a toute la liberté pour l’emploi du médicament prescrit, c'est-à-dire qu’il peut le prendre au moment où il en éprouve le besoin, ou quand en fonction de son expérience il sait qu’il va en avoir besoin. Si, du fait des circonstances ou de l’effet très favorable d’un médicament de fond, il lui parait possible de réduire la dose quotidienne du médicament anti-douleur ou même de ne plus le prendre, il a la liberté de le faire sans en demander l’autorisation : il n’y a pas à craindre de rebond après la suppression d’un antalgique et l’évolution de la maladie n’en est pas affectée.

Deux remarques importantes :

1) liberté d’utilisation ne signifie pas liberté de choix du médicament ; il est recommandé de ne pas changer d’antalgique (pour un médicament dont le ou les principes actifs seraient différents) sans l’avis du médecin ;

2) les commentaires qui précèdent ne s’appliquent pas
- à la morphine et ses dérivés (peu utilisés dans la polyarthrite).
- au tramadol, médicament intermédiaire dont le malade ne peut gérer l’emploi qu’en étroite concertation avec son médecin.
- à l’aspirine, excellent antalgique, mais qui appartient aux anti-inflammatoires non stéroïdiens et doit être utilisé suivant leurs règles.

Classification des antalgiques :
L’OMS a établi un classement en 3 paliers, en fonction de la puissance du médicament :

Les antalgiques de niveau I, ou antalgiques non opioïdes ; ils sont utilisés pour traiter les douleurs d’intensité légère. Les principaux sont le paracétamol, l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Les principaux effets secondaires de ces deux derniers antalgiques sont les troubles digestifs.
Les antalgiques de niveau I sont à privilégier, en veillant à respecter les doses journalières.

Les antalgiques de niveau II ou les opioïdes faibles ; ils sont utilisés pour traiter les douleurs modérées à intenses. Ils sont le plus souvent associés à un antalgique de niveau I, en général du paracétamol. Leurs effets secondaires sont en général modérés (somnolence, constipation, nausées, vertiges). Il s’agit du dextropropoxyphène, de la codéine, du tramadol et de la poudre d’opium.

Les antalgiques de niveau III, ou opioïdes forts, utilisés pour traiter les douleurs intenses à sévères qui n’ont pas été soulagées par les médicaments des paliers précédents. Il s’agit principalement de la morphine, sous forme injectable, en patch ou sous forme orale. Les effets secondaires sont nombreux mais le plus souvent modérés (somnolence, constipation, nausées…). Le risque de dépendance physique et psychique est considéré comme très faible.

L’effet antalgique des antidépresseurs, antiépileptiques et anxiolytiques :
Ces médicaments sont utilisés depuis plusieurs années dans le traitement de certaines douleurs chroniques. Ils ont trouvé une place de choix dans le traitement des douleurs neuropathiques, mais ils peuvent également être utilisés dans les autres types de douleurs chroniques.

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Le retrait du Di-antalvic

Suivant l’avis émis par l’Agence Européenne d’Évaluation des Médicaments (EMEA), les autorités sanitaires françaises ont annoncé le 25 juin dernier le retrait progressif des médicaments contenant du dextropropoxyphène (DXP), comme le Di-antalvic®. En effet, l’EMEA estime que le risque de surdosage mortelle dépasse les bénéfices des médicaments contenant du DXP et qu’il n’est pas prouvé que l’association DXP/Paracétamol soit plus efficace que les autres médicaments antidouleur, faute d’études solides.

Le DXP est un opiacé dont le risque principal est l’intoxication par surdose ; en effet ce produit s’élimine plus lentement de l’organisme que les autres antalgiques, au risque de s’accumuler avec la prise de plusieurs cachets au cours de la journée.
Les cas d’intoxication volontaires ou accidentelles ont amené certains pays à restreindre la prescription de l’association DXP/Paracétamol puis à la retirer progressivement du marché : ce fut le cas de la Suisse en 2003, de la Grande-Bretagne en 2004 et de la Suède en 2005. En France, l’AFSSAPS continue de considérer que la prescription du Di-Antalvic et son conditionnement limitaient le risque de surdosage volontaire et que le nombre de décès relevé était faible, mais elle a été obligée de suivre la décision de la Commission Européenne.

Cette décision ne fait bien sûr pas l’unanimité auprès des patient, dont certains s’organisent déjà pour faire entendre leur voix et maintenir la prescription possible de ce médicament.
Vous pouvez signer une pétition en ligne à l’adresse suivante (jusqu’au 10 janvier 2010)

la douleur afpricLien vers la pétition

Quels antalgiques remplaceront le Di-antalvic ?
Pour y répondre, l'Afssaps met en place un "groupe d'experts chargé d'émettre de nouvelles recommandations sur la douleur". De leur côté, les médecins sont invités à ne plus prescrire cette association à de nouveaux patients et à "envisager les alternatives thérapeutiques les plus adaptées aux patients actuellement traités par cette association".
Le retrait n'étant pas immédiat, vous pouvez bien sûr continuer à prendre votre traitement en cours et, lors du renouvellement ou d'une prochaine consultation, discuter avec votre médecin de la manière dont votre prise en charge va évoluer.
Comme le montre la position embarrassée de l'Afssaps (opposée à l'interdiction mais qui va mettre en œuvre cette décision européenne), il est parfois difficile de concilier des vérités scientifiques à la réalité des pratiques. Néanmoins le corps médical dispose d'autres médicaments pour vous aider à moins souffrir. Les nouvelles recommandations (paracétamol seul, autres combinaisons…) devraient rapidement clarifier les alternatives thérapeutiques.

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Les méthodes non médicamenteuses

Par méthode non médicamenteuse, on définit tout ce qui n’est pas prise de médicaments et qui peut aider à soulager ou simplement mieux gérer la douleur.
On peut donc y inclure des techniques reconnues et couramment pratiquées (kinésithérapie, podologie), des techniques plus empiriques dont l’efficacité est constatée (mais pas forcément expliquée) par de nombreux patients (acupuncture, relaxation, hypnose, cures thermales,…) et des méthodes moins connues, pour certaines coûteuses, et dont l’efficacité reste toujours à démontrer (homéopathie, champs magnétiques, aromathérapie,…).

Les méthodes douces
Principalement mises en œuvre par un kinésithérapeute, ces méthodes apportent détente et soulagement en dehors des périodes de poussées inflammatoires. Les techniques sont nombreuses, parmi lesquelles on peut citer les attelles (permettant de soutenir ou de corriger la position d’une articulation), la physiothérapie (les applications de chaud, de froid, de courant électrique), les massages utiles pour lever une contracture musculaire, l’hydrothérapie et enfin les exercices musculaires qui peuvent soulager lorsqu’ils sont bien menés et qu’ils ne contrarient pas les articulations atteintes.

L’acupuncture
L’acupuncture peut être un complément aux thérapeutiques classiques chez les patients polyarthritiques ; cette technique pourra exercer son action aussi bien sur la douleur, que sur les troubles annexes engendrés par le syndrome douloureux classique.

L’hypnose
L’hypnose est une technique qui peut s’avérer efficace en complément des médicaments. Elle aide à trouver des solutions à de nombreuses douleurs et contribue parfois à voir la maladie sous un autre angle, en redonnant du contrôle là où il avait été perdu et en rétablissant du lâcher-prise là où il avait été oublié. 

Les cures thermales
L’efficacité thérapeutique des cures thermales reste à prouver, notamment pour les rhumatismes inflammatoires chroniques. Le développement de la rééducation et des actions d’éducation dans les établissements thermaux peut cependant présenter un intérêt certain pour les patients, qui sont alors dans des conditions privilégiées pour prendre soins d’eux et plus réceptifs aux messages d’éducation.

La relaxation
Toutes les techniques de relaxation visent à limiter les conséquences néfastes de la douleur sur l’organisme.
La sophrologie est une technique de relaxation : elle allie des techniques orientales de méditation, du yoga et de la relaxation occidentale. Elle vise à détourner l’attention du patient, en suggérant par exemple le remplacement de la douleur par une sensation plus agréable (engourdissement). Elle peut ainsi aider le patient à contrôler le désagrément et l’intensité de sa douleur, mais aussi à diminuer sa peur de la douleur.
Il existe d’autres techniques permettant de se relaxer : massages, détente musculaire, méditation, qui peuvent se pratiquer seul ou en groupe.

L’activité physique
En permettant de conserver ses articulations souples et mobiles et d’améliorer son tonus musculaire, l’activité physique évite les douleurs liées à l’immobilisation.
Pour plus d’informations, reportez-vous à la newsletter N°7 sur l’activité physique

Cette liste n’est pas exhaustive et il existe d’autres techniques permettant de soulager la douleur au quotidien (l’application de froid, le shiatsu,…) ; c’est à chacun de trouver la méthode qui lui convient, sachant que toutes n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Le prudence doit donc rester de mise devant des produits miraculeux ou des technique révolutionnaires souvent coûteux. N’hésitez pas à en parler à votre médecin, sachant qu’il est tout à fait possible de concilier différentes méthodes et traitements anti-douleur. Vous pouvez également lui demander de vous orienter vers un centre anti-douleur.
Voir la liste des centres anti-douleur 

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En conclusion, la douleur n’est pas une fatalité ! Elle peut être complexe à prendre en charge mais la palette de possibilités à la disposition de votre médecin permet aujourd’hui d’obtenir de bons résultats. Il est important d’en parler ; aidez-vous d’outils pour décrire votre douleur (voir le questionnaire dans la boîte à outils), notez les horaires ou vous ressentez la douleur de façon plus importante, ceci vous aidera par la suite à expliquer le plus précisément possible ce que vous ressentez à votre médecin. C’est comme cela que votre douleur sera entendue et traitée efficacement.

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